Au service militaire 
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Résumé d'une période de ma jeunesse, lorsque j'étais militaire.

 

25/07/2004

 
Ce lundi 17 avril 1972 à 16h45.
Hier soir, alors que j'étais pour écrire à Monique, St-Joanis est venu dans ma piole me demander si j'allais avec eux, à Yvré l'Evêque. Et, bien que jatigué par la garde de la veille, j'y suis allé. Nous pensions nous amuser mais, malheureusement, bien qu'il y eût la fête, il n'y avait pas bal et, après être passé chez Prioud et un autre troquet, nous sommes remonté au Camp.
Aujourd'hui, nous sommes allés toute la journée sur le terrain, à faire des mises en batterie sur jeep et aussi, à charger et décharger le GMC de tout son équipement. Ce n'est pas que c'est tellement gai mais, au moins, çà fait passer le temps. Nous avons même eu la visite de pas mal de personnalités à savoir le Colon et les conseillers généraux de la Sarthe venus pour se rendre compte un peu de nos activités. Et, çà ne devait pas vraiment les intéresser car, ils ne s'attardèrent pas.
Puisque, par fleimardise, je n'avais pas écrit ce week-end, j'ai rattrapé mon retard en faisant trois lettres : une à Monique, une à M'man et aussi, une à Catherine, histoire de lui donner un peu de mes nouvelles.
Saunier était sorti en me disant que si je voulais le rejoindre, qu'il était au Foyer. Alors, après être allé poster mon courrier, j'en profitai pour aller le retrouver. Il n'y avait presque personne, au Foyer, ni même Saunier. Alors, c'est en solitaire que je me payai une bibine. Puis arriva Deweppe : il était en civil et me demanda si je voulais bien venir avec eux, pour arroser le Père Cent. Me rappelant seulement avoir entendu parler d'un repas à un restaurant, près du Mans et, bien que n'ayant pas de titre, j'acceptai et allai directement dans ma piole me changer. Le temps de me laver un bon coup et de faire mon lit, j'étais prêt.
C'est Morel qui nous conduisit (nous étions six dans la 404) dans un petit bled, Ruaudin, qui se trouve à dix bornes environ du Mans, où, dans un restau, nous retrouvâmes d'autres gars de la classe. Alors, j'y retrouvai Gautrot et Chaumy. Vraiment, ce repas promettait d'être payant.
Après un dernier voyage de Morel qui ramena quatre autres gars de Chanzy, ce fut à vingt sept que nous nous retrouvâmes autour d'une table, dans une pièce que nous avions réservée.
Vraiment cette soirée fut très réussie et, le repas était excellent. Et c'est plus que gais que nous décidâmes, au milieu d'une gueulerie infernale souhaitant le Père Cent, d'aller au Mans. Vingt sept gars pour quatre voitures, nous étions sept par bagniolles et, il y avait de la joie. Au Mans, nous avons voulu boire un pôt au café de l'Ouest mais, ils fermèrent à notre arrivée. Au Parisien, nous fûmes aussi mal reçus : la patronne, voyant le bordel que l'on faisait, ne voulut pas nous servir. Alors, nous sommes rentrés au Continental et là, heureusement, on nous servit. Je réussis même à boire un demi sans payer...
Après être restés une bonne demi-heure là, il était alors une heure et quart du matin, nous sommes tous montés un peu plus haut pour arriver dans un petit troquet où, tout de suite, nous mîmes de l'ambiance : il y avait de la musique, des tangos ou des marches et, prenant la seule nénette qu'il y avait, une bonne femme énorme, nous dansâmes en gueulant à n'en plus pouvoir notre score qui, alors, se trouvait vraiment à Cent au jus. Cà aurait pu durer longtemps si la patronne avec qui nous dansions, n'avait pas fermé son troquet car, il était déjà deux heures.
Et c'est là que nous quittâmes les gars de Chanzy. Nous étions seulement six d'Auvours pour vingt et un de Chanzy : il y avait donc Morel, Deweppe, Fortineau et deux gars du Mess en plus de moi. Arrivés au Camp, nous sommes allés boire une dernière bibine au bar du Mess. Morel continua même de prendre des photos, comme il avait commencé au restau. D'ailleurs, il faudra que je lui en demande, lorsqu'elles seront développées.
Tout est que, à trois heures et demie, nous sommes tous allés, tant bien que mal puisque nous n'étions plus tout à fait clairs, nous pieuter.
A ce sujet, il m'est arrivé un truc assez marrant : j'avais pourtant bien fait mon lit avant de partir mais, au lieu de me glisser dedans, je me déshabillai en gardant mes chaussettes et ne me mettai qu'une simple couverture sur le dos, pour dormir.
Vraiment terrible ce Père Cent !... 

 
Ce dimanche 16 avril 1972 à 18h45.
Vraiment éreintante cette garde !
J'ai dormi un peu, hier soir, juste avant d'être réveillé à une heure et demie par le Chef de poste qui, lui, n'avait pas encore fermé l'oeil. Oui, c'est vraiment pénible et, à seize heures trente aujourd'hui, j'étais heureux d'en avoir enfin terminé.
A l'heure que j'écris, je suis vraiment creuvé et, je sens que dans peu de temps, je serai au lit. Mais, peut-être irai-je voir le film à la télé.
Je viens de déboucher une bouteille et, j'ai invité Guillemot, St-Joanis et Rous à la partager. Nous avons discuté un peu puis, ils m'ont laissé à mes écrits.
Je vais peut-être faire une petite lettre à Monique et à M'man et, demain, je donnerai mes cinq "Père Cent" à Surcin pour qu'il me les expédie.
A partir de demain, il va falloir présenter la section au Lieut, dûrant toute la semaine. Enfin... 

 
Ce samedi 15 avril 1972 à 20h15.
C'est au poste MOB que je relève mes impressions de la journée. En effet, comme je l'avais signalé mardi dernier, ils m'ont foutu de garde ce week-end et, çà ne m'enchante pas tellement mais, après tout, maintenant que je suis là !
Ce que j'ai fait ce matin ? Et bien pas grand chose et, çà en devient même une habitude, en ce moment. Toujours comme prévu, j'étais de service général et, après avoir mené mes cinq gars au PC, Habran en a envoyé deux au Mess et, le reste, au TAM. Alors moi, je n'avais plus qu'à retourner à la Compagnie. Heureusement, il n'y avait personne au bureau de la section : le juteux n'était pas là de la matinée et quant au Lieut, je ne sais où il était barré...
Tout est que j'ai emprunté le pantalon de survêtement à Guillemot et, je suis allé rejoindre Amblard et Guillerault à la salle des sports. Arrivé là, ils étaient tous les deux en train de faire un double au ping-pong avec Nisol et un gars des sports. Je les ai regardés un moment puis, je suis retourné dans ma piole où, j'ai attendu tranquillement l'heure de la bouffe.
L'après-midi, je suis allé faire un ping-pong avec Saunier. Nous avons joué dûrant deux bonnes heures et après, j'ai attendu seize heures trente pour enfin me retrouver à ce poste MOB.
Pour le poste à Petitjean, je pense que ce n'est pas si grâve que celà car, en définitive, ce n'étaient pas les files arrachés qui l'impêchaient de marcher mais simplement les piles. D'ailleurs, il m'a dit lui-même que son transistor était défectueux. Celà me rassure...
Je pourrais dormir tout de suite si je le voulais, jusqu'à une heure du matin mais, je n'ai pas encore sommeil. Enfin, je vais quand même m'allonger un peu et lire.



25/01/2004

 
Ce vendredi 14 avril 1972 ? 19h55.
Aujourd?hui, j?ai enfin pu parler de mon intention de changer de section au Lieutenant et, en r?ponse, il m?assura qu?il irait voir le Capitaine prochainement. J?esp?re qu?il ira avant le mois de mai car, ainsi, si mon changement est accept? et si je vais ? l?instruction, j??chapperai peut-?tre ? la grande man?uvre de La Courtine. Mais, je n?y suis pas encore, avec les bleus.
Ce que l?on a fait durant cette journ?e ? Pas grand-chose, du moins, de mon c?t?. Le matin, nous avons fait un cinq mille chronom?tr?. J?ignore quel fut mon temps alors mais vraiment, jamais je n?avais autant couru. Ordinairement, je m?arr?te au moins deux ou trois fois durant ce parcours mais, aujourd?hui, j??tais vraiment en forme. Et pour cause : je ne me suis arr?t? qu?une fois car vraiment, je m?asphyxiais. Apr?s ce cross, nous avons fait une petite heure de volley et, ? dix heures quarante cinq, la bulle?
Comme je le pensais, j?ai re?u une lettre de Monique. Elle me raconte comment c?est pass?s son week-end, la petite ballade qu?elle a faite avec ses parents enfin, rien de vraiment important. Mais, elle ne me dit pas si je peux ou non lui envoyer un P?re Cent et, ? bien r?fl?chir, je crois que je lui en apporterai un le jour o? je la rencontrerai. En effet, plus j?y pense et plus je trouve cela idiot d?envoyer un papier de ce genre ? une fille.
Ce soir, apr?s n?avoir pour ainsi dire rien foutu de l?apr?s-midi, je suis all? avec Saunier ? la salle des sports. En effet, nous avions d?j? projet? d?aller y faire un petit ping-pong mais, au dernier moment, je me suis aper?u que Arnould n??tait pas l? et, c??tait le seul qui aurait pu me pr?ter une raquette. Alors, ? d?faut de ping-pong, nous sommes all?s faire un peu de musculation. Oui, vraiment, j?ai bien envie de faire du sport maintenant, ne serait-ce que pour me mettre en bonne condition physique.
Au retour, nous avons beaucoup parl? morale et, pour cela, nous avions un sujet assez br?lant puisqu?il touche presque directement la situation o? je suis actuellement, je veux dire : le mariage et, surtout, le simple fait de ? s?amouracher ? d?une fille durant le service militaire en pensant se marier apr?s cette formalit? ce qui, actuellement, est vraiment mon cas. Alors, je puis dire que c?est ? ce moment l? que j?ai vraiment sympathis? avec ce gars car, je le dis sans aucune honte, c?est lui qui, pour ainsi dire, m?a ouvert les yeux. En effet et, comme il me disait si bien, je ne suis pas s?r que ce soit vraiment de l?amour, du moins, ?? a des grandes chances de ne pas ?tre vraiment de l?amour que j??prouve, en ce moment, envers Monique. Maintenant qu?il me l?a expliqu? lui-m?me, je pense surtout que c?est une simple affection que je recherche ? l?ext?rieur du Camp car, et l? j?en suis s?r, tout risque de changer lorsque je reviendrai dans le civil, lorsque je retravaillerai, lorsque je retrouverai tous mes copains et ma vie normale et, j?avouerai que ce m?est assez alarmant. Quelle d?cision prendre et, s?il y en une, est-il pr?f?rable d?attendre ou bien de la manifester maintenant ? Non, vraiment, je suis ind?cis et, je pense qu?une rencontre avec elle pourrait tout arranger. Je crois m?me qu?il est n?cessaire de ne pas faire les premiers pas, surtout en ce qui concerne ce grand mot qui, pourtant, a son importance puisque toute une vie est bas?e dessus : le mariage.
Pour l?instant et d?apr?s ses lettres, je suis s?r qu?elle est, sinon mordue, du moins ?prise de moi et, j?ai peur d?une chose : c?est de sa r?action si je venais qu?? changer d?avis ? son sujet. Enfin, je verrai bien.

Avec cette lettre de Monique, j?ai re?u le colis de M?man : elle m?envoyait, en plus de mon pantalon, deux tablettes de chocolat et, une bouteille. Cela fait la quatri?me bouteille de vin que je mets dans ma valise ; je sens que l?on va bien boire, dans maintenant trois jours?
Demain, je suis de service g?n?ral et, ? partir de seize heures trente jusqu?au dimanche m?me heure, je suis de garde au poste MOB. Vraiment charmantes les r?jouissances de ce week-end. Enfin, apr?s tout, je m?en fou !...
Au fait j?oubliais de dire qu?il m?est arriv? un truc, avec le transistor ? Petitjean, transistor que je lui avais emprunt? lors de ma derni?re garde. En effet, ce poste s?est cass? la figure et, il ne marche plus. C? m?ennuie beaucoup car, je vais ?tre oblig? de le lui faire r?parer et, je ne suis pas tellement riche. Enfin, c?est bien fait pour moi : j?aurais d? le rendre avant.

En attendant, je vais me coucher?



18/11/2003

 
Ce mardi 18 novembre 2003 à 21h50.
Après une première quinzaine passée avec moi, je souhaiterais connaître votre sentiment, vos impressions sur ce récit.
Peut-être même avez-vous également des anecdotes et des histoires de service militaire à me raconter. Et surtout, peu importe la langue qui est utilisée, je verrai pour la traduction.

Alors, pour les commentaires et récit d'aventure militaire, écrivez ici.

A bientôt et, bien sûr, mon aventure continue...

 
Ce jeudi 13 avril 1972 à 21h50.
Dans cette journée, vraiment rien de très intéressant si ce n’est un seul fait nouveau : l’arrivée d’un quatrième dans ma piole. La matinée s’étant passée normalement, par un cours de closs-combat, vers les onze heures, Saunier est venu dans notre piole. J’avais déjà eu l’occasion de le rencontrer à maintes reprises alors que j’étais de semaine et, à première vue, il m’a tout l’air d’un gars très sympathique. Je devais encore mieux le connaître, plus tard.

L’après-midi s’est écoulée aussi tranquillement que la matinée, par une démonstration de mise en batterie ENTAC, derrière le TAM et, avec Saunier, nous étions là en spectateurs.
Puis, après seize heures trente, en accord avec Lemeur et cinq autres, nous sommes sortis. Nous sommes allés à la piscine des Sablons, au Mans et, vraiment, l’eau était bonne. Un seul reproche pourtant, c’est que je ne suis pas assez hardi dans l’eau ; je sais à peu près nager pourtant mais, je n’ose pas encore m’aventurer vraiment. Disons tout simplement que je suis trop contracté et c’est bien cela qui m’est fâcheux. Enfin, ce n’est peut-être qu’une question d’entraînement …

Après cette baignade qui fut très agréable, à vingt heures, nous sommes tous allés manger au « Petit Breton », un café assez extra surtout pour le prix des repas. En effet, nous nous en sommes tirés pour sept francs uniquement.
Et, à neuf heures moins dix, Lemeur réagit subitement : il n’a pas de titre et veut absolument rentrer avant l’appel. Je serais bien resté ainsi que Saunier car, dans ma piole, il n’y a pas d’appel mais, plutôt que de dépenser du fric, j’ai préféré remonter. Alors, la 2CV n’a pas mis longtemps pour nous ramener au Camp. Enfin, encore une petite soirée de passée.

Contrairement à ce que j’espérais, Monique ne m’a pas encore écrit. Je n’ai pas encore reçu, non plus, le colis de ma mère mais, je pense que j’aurai un peu plus de chance demain.
Ce qui m’ennuie aussi un peu, c’est que j’aurais bien aimé voir le Lieut pour lui parler, enfin, de mon changement mais malheureusement, il n’était pas là aujourd’hui. Peut-être que demain…



05/10/2003

 
Ce mercredi 12 avril 1972 à 18h45.
Après m'être couché à sept heures moins le quart hier soir, ce matin, je me lève frais et dispos.
Après les couleurs, nous allons directement au PC pour le service général. Et, avec Louvet et Bénardeau, Habran nous envoie directement au TAM. Là, un juteux nous a chargé d'aller scier des arbustes d'acacia pour faire la barrière qui entoure le TAM. Alors, munis d'une grande scie ainsi que d'une petite, d'une hache grand format et aussi, format en dessous, nous avons abattu une dizaine d'arbustes dans la matinée, sans nous forcer. Et, l'après-midi, deux de plus.
A onze heures, je suis allé chercher le courrier de la section. Monique ne m'a pas encore écrit mais, par contre, j'avais deux lettres de ma mère. Et, en les ouvrant, je m'aperçus qu'elles n'en faisaient qu'une puisque c'était une suite. Enfin, elle me mettait quand même cinq mille balles, ce dont j'ai grand besoin en ce moment.
Il y avait aussi une lettre pour Mazaret et, profitant de cela, j'allais leur rendre visite. J'en profitais même pour voir le Chef Fétiveau et lui demander des nouvelles pour mon changement. C'est le sergent Thomas qui me renseigna le mieux en me disant qu'il en avait parlé au Capitaine de la CCAS et, que ce dernier était totalement d'accord. Mais, malgré cela, il me demanda d'en parler au S/Lt Rouch. Je n'ai pas pu aujourd'hui mais, je vais essayer de voir cela demain. Autre chose, Gourgue vient de me dire ce soir, à la bouffe, que j'ai peut-être des chances d'aller à l'instruction car, d'après lui, il y a un Cabot de chez eux qui risque d'être changé.

Enfin, peut-être est-ce bon pour moi...

 
Ce mardi 11 avril 1972 à 18h15.
Je suis creuvé ; juste le temps d'écrire ces quelques lignes et je vais tout de suite me pieuter. Vraiment, ce n'est pas gai, cette garde. Jusqu'à seize heures trente, je me suis allongé sur un pieu, au poste MOB et, après avoir lu quelques pages d'un bouquin, j'ai dormi un peu.

Oui, je n'en peux plus. J'aurais aimé écrire à Monique cette nuit, mais je n'avais même pas d'inspiration.

Ce qui me démoralise encore plus, maintenant, c'est ce que je viens d'apprendre, à la semaine, en regardant le cahier de l'adjudant de Compagnie où il note toutes les gardes et services dûrant cette semaine. Et je m'aperçois que si demain je suis de service général, par contre, j'y suis aussi samedi matin et, en plus, j'ai une nouvelle garde, au même poste qu'hier, le samedi après-midi de seize heures trente à la même heure le dimanche. Et j'ai bien envie de demander au S/C Smith pourquoi ce coup de piston. Ce n'est pas que cela me dérange tellement d'être ainsi baizé ce week-end car, après tout, je ne parts pas mais, malgré tout, je préfère toujours être libre, ce même week-end.

Enfin, j'esspère que j'aurai une lettre de Monique, demain : çà me remontera un peu le moral...



07/09/2003

 
Ce lundi 10 avril 1972 à 01h20.
Le matin de ce lundi, je l'ai passé avec la section, en train de démonter des tentes de l'armée. Nous en avons bien démonté une dizaine puis nous sommes allés manger.
L'après-midi aussi fut calme. Nous sommes allés décharger le GMC à la salle des sports puis, se fut un cours de "Guêt aérien" par le juteux. Alors, je profitai que le Lieut était ainsi, presque seul dans son bureau, pour poser ma détente en premier. Mais, je n'ai pas pu lui parler de mon intention de changer de section. Par contre, c'est le Chef Fétiveau qui me fit la remarque comme quoi lui était entièrement d'accord mais qu'il lui fallait l'accord du Capitaine. Enfin, j'espère que cela va s'arranger.

Si je suis en retard aujourd'hui pour noter ces quelques lignes, puisque nous sommes le mardi matin maintenant, c'est parce que je suis de garde au poste MOB et, depuis vingt heures, j'ai dormi. En effet ma Compagnie, la CCAS, est de grande semaine et, je suis déjà baisé jusqu'à seize heures trente, mardi après-midi. Enfin, ce n'est pas que c'est tellement réjouissant mais, il faut le faire...

 
Ce dimanche 09 avril 1972 à 19h35.
Aujourd'hui, ce sont les cris du Sergent de semaine annonçant la bouffe, qui m'ont réveillé. En effet, il était déjà onze heures dix alors, je m'habillai rapidement, un simple coup de peigne et, je partai directement à l'Ordinaire. Comme les bleus étaient piqués de la veille, ils avaient malgré tout un menu spécial, sans viande. Alors, je me suis servi en même temps qu'eux. Après mangé, je suis allé rejoindre Joris et Gourgue chez Riton. En effet, ils avaient décidé de manger là et, quand je suis arrivé, ils attendaient leur steack-frites. Puis, vers les quinze heures, nous sommes revenus à la Compagnie. Je les ai laissés pour aller écrire, dans ma piole.

Je n'ai fait que cela de toute l'après-midi : en tout, j'en ai écrit quatre. Une lettre à Monique pour commencer, une à M'man, une à Christian et enfin une à Béatrice qui, pourtant, m'avait promis de récrire bientôt.

Ce soir, Gourgue s'est fait avoir en allant à l'Ordinaire, par un Cabot-Chef engagé parce qu'il venait bouffer en survêtement alors que c'est interdit. La rampouille lui a collé un motif mais, j'espère pour lui qu'il n'en entendra pas parler. Enfin...

Tous les dimanches soir, ils passent un film à la télé et je vais toujours le voir. Mais, aujourd'hui, je ne sais s'il y en aura un car, ils font grève, en ce moment. Alors, j'irai faire un tour dans la piole des bleus en en profitant pour poster mon courrier puis, j'irai tranquillement me coucher. Demain, le Lieut revient et, il faut que je lui parle pour mon changement.



02/08/2003

 
Ce samedi 08 avril à 22h20.
Comme durant ces deux derniers jours, et, en sachant pertinemment que je n’avais plus rien à y faire, je me suis remis en tenue numéro un pour aller chez les bleus « aider Gourgue et Joris, les deux Caporaux destinés à l’encadrement de ces mêmes bleus. Comme d’habitude, je suis allé aux couleurs avec la section ENTAC puis, je suis allé rejoindre les gars.
Ce matin, ils avaient leurs premières piqûres ; alors, nous les avons emmenés à l’infirmerie. Bien sûr, il y avait déjà du monde et, nous n’avons pu qu’attendre.

Je ne sais pas si je l’ai déjà signalé mais, depuis deux ou trois jours, je me paie une sacrée bulle avec cette nouvelle incorporation et, quand je pense que lundi, il va falloir retravailler dans ma section, çà ne me met pas tellement en train. Heureusement, notre véritable Chef de Section rentre justement de son stage de tireur ENTAC. Alors là, ce ne sera plus le « Juteux » qui nous commandera mais, lui. D’ailleurs, il faut que je le voye, mon Lieutenant, car je voudrais lui dire que je veux changer et aller en section d’instruction. En le baratinant et lui disant que ce serait ma place, j’espère réussir à un résultat positif. J’en ai justement touché deux mots avec le Sergent Thomas qui encadre déjà cette nouvelle section et il m’a dit qu’il en parlerait, de son côté. Enfin, si vraiment au bout de cela il faut que j’aille voir le « Pitaine », là, je n’hésiterai pas.

Cette après-midi, Joris était plus que gai. En effet, tout a commencé au Foyer, à la bière. Nous étions six et chacun mettait sa tournée. Puis nous sommes allés chez l’un des gars, dans sa piole de la deuxième Compagnie où, il nous a fait goûter à une « prune » pas dégueulasse. Et enfin, alors que Joris n’arrêtait pas de déconner, nous sommes allés atterrir chez Riton où les Pastis et les Maries Brizard se succédèrent. Tout est que nous avons dû ramener Joris à son lit car, il ne tenait vraiment plus debout. Il a même été malade et, comme à toutes ces occasions, le casque lourd a servi. Fait étrange, moi qui avait bu pour ainsi dire la même quantité d’alcool que lui, je n’ai pas été malade, à part un léger trouble. Pourtant je ne supporte pas tellement l’alcool. Vraiment, j’étais étonné.

Ce soir je ne sorts pas. Je n’ai déjà pas tellement de fric alors, n’étant pas parti en perme, je préfère rester dans ma petite piole. Lundi, j’irai poser ma détente de neuf jours à partir du vingt trois. La semaine prochaine, nous sommes, la CCAS, de grande semaine et, avec Smith, il serait bien étonnant que je n’aie pas au moins un service de garde. Enfin, je suis heureux car cela fait bien un mois que je ne suis pas passé chez le coiffeur mais, bien qu’en touchant du bois, je crois que çà va m’arriver dans peu de temps.

Allez, je vais dormir. Demain, j’écrirai à Monique et à M’man.



01/08/2003

 
Ce vendredi 07 avril 1972 à 16h45.
Rien de vraiment terrible à raconter.
Aujourd’hui comme hier, je n’ai rien foutu. Je suis resté avec les bleus, à accompagner Gourgue à l’infirmerie, pour me passer le temps. Vraiment très calmes ces journées.
Le soir par contre, avec Gourgue et Joris, nous sommes allés au ciné, au Mans. Après avoir bu une dizaine de fois, nous sommes allés voir « Les galets d’Etretat », un film assez « bidon », nous l’avons regretté après. Puis, nous sommes rentrés en taxi au Camp, à minuit et demie. J’étais creuvé et pourtant, je ne me suis pas endormi tout de suite. Enfin, après avoir rêvassé de Monique, je me suis endormi sans même m’en rendre compte…





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